56_2025-2026/30 - Pétition : exécution des peines des condamnés non belges dans leur pays d'origine et priorité légale de l'intérêt social sur l'intérêt individuel en matière pénale
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56_2025-2026/30 - Pétition : exécution des peines des condamnés non belges dans leur pays d'origine et priorité légale de l'intérêt social sur l'intérêt individuel en matière pénale
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Il est demandé à la Chambre d’établir que, pour les crimes les plus graves, la protection de la société prime sur les droits individuels des auteurs, notamment en prévoyant l’exécution des peines des non‑nationaux dans leur pays d’origine.
Diese Initiative wurde beantwortet:
Lors de sa réunion du 10 février 2026, la commission des Pétitions a transmis cette pétition à la commission de la Justice et à la ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord.
Réponse de la ministre de la Justice, chargée de la Mer du Nord (03/03/2026):
En réponse à votre demande, voici quelques informations.
Plusieurs instruments permettent de répondre aux questions que vous avez soulevées. Je les explique brièvement
ci-dessous.
Un transfèrement interétatique signifie qu'un détenu, dont la nationalité n'est pas celle du pays où il a été
définitivement condamné à une peine d'emprisonnement, est transféré physiquement vers son pays d'origine pour y
purger la suite de sa peine. Il s'agit donc d'un transfert de la peine. Les ressortissants étrangers en détention
provisoire ne sont pas concernés.
Les transfèrements peuvent avoir lieu avec les États membres de l'Union européenne et avec les pays tiers, sous
réserve de l'existence d'un traité.
Il est important de noter que les transfèrements sont possibles dans les deux sens : depuis et vers la Belgique.
L'objectif des transfèrements est d'offrir aux personnes condamnées la possibilité de purger leur peine dans le pays
où leurs liens sociaux sont les plus forts. Il s'agit de favoriser leur réinsertion sociale et de leur assurer un refuge
dans leur environnement familier. C'est pourquoi des traités de transfèrement ont été établis.
Par souci de clarté, il convient de distinguer le transfèrement de trois autres notions :
Premièrement, le renvoi ou l'expulsion: il s'agit du renvoi d'une personne, en principe libre (non détenue), sans
droit de séjour, qui est contrainte de retourner dans son pays d'origine. Ce renvoi intervient toujours sur la base d'une
injonction de quitter le territoire émise par l'Office des Etrangers du Service Public Fédéral de l'Intérieur .
Deuxièmement, la libération provisoire en vue d'éloignement du territoire : il s'agit d'une mesure d'exécution de
la peine autorisée par le tribunal d'exécution de peine ..
Concrètement, cela signifie qu'une personne condamnée est libérée avant la fin de sa peine, sous certaines
conditions, et doit quitter le pays. Cette personne est soumise à des conditions qu'elle doit respecter pendant une
période déterminée (période de probation). Cependant, comme elle ne dispose pas du droit de séjour en Belgique,
cette période de probation sera effectuée dans un autre pays.
Ces deux notions diffèrent donc du transfèrement, car dans les premiers cas, il s'agit d'une personne qui ne sera
plus détenue dans le pays de destination. Le transfèrement, quant à lui, concerne une personne condamnée
définitivement, incarcérée et qui le restera pendant une certaine période dans le pays de destination.
Troisièmement, il ne faut pas confondre transfèrement avec extradition ou remise.
L'extradition consiste à remettre une personne à la demande d'un autre pays, soit parce qu'elle est poursuivie dans
ce pays, soit parce qu'une condamnation doit être exécutée. Contrairement au transfèrement, l'extradition n'entraîne
pas le transfert d'une peine. Les poursuites pénales ou l'exécution des peines dans l'autre pays n'ont tout simplement
pas encore commencé. L'objectif de l'extradition est donc d'empêcher une personne d'échapper à la justice en
franchissant les frontières.
Cadre juridique
Au sein de l'UE, la Décision-cadre européenne 2008/909 du Conseil de l'Union européenne du 27 novembre 2008
relative à l'application du principe de reconnaissance mutuelle des jugements en matière pénale (prononçant des
peines d'emprisonnement ou des mesures entraînant une privation de liberté) a été transposée par la loi du 15 mai
2012.
Hors UE, la loi relative aux transfèrements des personnes condamnées du 23 mai 1990 s'applique. Celle-ci stipule
qu'un transfèrement n'est possible que s'il est prévu par un traité international, bilatéral ou multilatéral. Ce traité
détermine donc le déroulement de la procédure interétatique.
Pour résumer brièvement ces traités, la Convention du Conseil de l'Europe de 1983, à laquelle 78 États parties ont
adhérées, est le principal instrument régissant les transfèrements vers des pays hors Union européenne. La Belgique
a également conclu 10 traités bilatéraux, notamment avec le Maroc, l'Albanie et le Kosovo.
Au total, nous pouvons introduire des demandes de transfèrement auprès d'environ 90 pays. Le cadre juridique
applicable à un transfèrement, et donc les conditions et la procédure, dépendent du pays avec lequel le transfèrement
a lieu.
Qui peut faire l'objet d'un transfert?
Le cadre général étant désormais établi, il convient d'expliquer précisément qui est éligible à un transfèrement et
l'importance du droit de séjour dans cette procédure.
Ceci s'applique donc aux personnes qui : (1) ont été condamnées définitivement; (2) ont plus de six mois ou un an
à purger; et (3) sont des ressortissants ou résidents d'un État membre de l'UE ou d'un pays avec lequel la Belgique
a conclu un traité de transfèrement. Les personnes internés sont également éligibles à un transfèrement interétatique
sous les mêmes conditions.
En principe, le consentement de la personne concernée est requis pour son transfèrement. Cependant, un
transfèrement est possible sans son consentement si la personne détenue ne dispose pas d'un droit de séjour et fait
l'objet d'un ordre de quitter le territoire.
Il est important de noter que les transfèrements sans consentement ne sont pas possibles avec l'ensemble des 90
pays. Ils ne sont possibles qu'entre les 27 États membres de l'Union européenne et les États membres du Conseil
de l'Europe ayant ratifié le Protocole additionnel de 1997 à la Convention de 1983 (41 pays, dont les 27 États
membres de l'UE). Par ailleurs, la Belgique a conclu quatre traités bilatéraux autorisant les transfèrements sans
consentement avec les pays suivants : Maroc, République démocratique du Congo, Albanie et Kosovo. Ce qui porte
à 45 le nombre total de pays vers lesquels nous pouvons transférer des détenus sans leur consentement.
Enfin, il convient de préciser que les transfèrements interétatiques constituent une mesure de facilitation et non une
obligation automatique, et que le consentement de l'État d'exécution est toujours requis, tant pour les transfèrements
volontaires que pour les transfèrements sans le consentement du condamné.
J'espère ainsi avoir répondu utilement à votre demande.
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